Les produits d’élevage englobent l’ensemble des ressources issues de l’exploitation des animaux domestiques, destinées principalement à la consommation humaine ou à l’industrie. Cette catégorie inclut des denrées périssables comme la viande, le lait et les œufs, qui constituent des sources majeures de protéines animales, de vitamines et de minéraux essentiels. Au-delà de l'alimentation, l'élevage fournit également des matières premières précieuses telles que la laine, le cuir et le fumier, ce dernier étant indispensable comme fertilisant organique pour les cultures. La production de ces biens varie selon les systèmes d'élevage, allant de méthodes extensives basées sur le pâturage à des systèmes intensifs plus mécanisés.
L'élevage bovin désigne l'ensemble des activités visant la reproduction et la gestion des troupeaux de vaches, bœufs et taureaux. Cette branche de l'élevage se divise traditionnellement en deux grandes orientations : l'élevage laitier, concentré sur la production de lait et ses dérivés, et l'élevage allaitant, destiné à la production de viande (veaux et broutards). Selon les ressources disponibles, il peut être conduit de manière extensive, où les animaux valorisent les surfaces herbagères en plein air, ou de manière plus intensive avec des rations équilibrées en stabulation. Cet élevage joue un rôle pilier dans l'économie agricole mondiale en fournissant des protéines de haute qualité et de nombreux sous-produits comme le cuir.

Au-delà de sa fonction productive, l'élevage bovin occupe une place centrale dans l'entretien des paysages et le maintien de la biodiversité des prairies permanentes. En transformant la cellulose de l'herbe, indigeste pour l'homme, en aliments nobles, les ruminants valorisent des terres souvent impropres à la culture céréalière. Les défis contemporains de la filière incluent l'amélioration du bien-être animal, la réduction de l'empreinte carbone (notamment par la gestion du méthane) et l'adaptation aux changements climatiques. Les éleveurs intègrent désormais davantage de technologies de précision et de pratiques agroécologiques pour concilier rentabilité économique et respect de l'environnement.
L'élevage ovin et caprin regroupe la production de petits ruminants, à savoir les moutons (ovins) et les chèvres (caprins). Ces filières se distinguent par leur grande rusticité, permettant la mise en valeur de territoires difficiles, tels que les zones sèches, montagneuses ou les parcours broussailleux où les bovins ne pourraient pas subsister. L'élevage ovin est principalement orienté vers la production de viande (agneaux) et de laine, tandis que l'élevage caprin est mondialement reconnu pour la production de lait, transformé en une grande variété de fromages à forte identité territoriale.

Sur le plan technique, ces élevages reposent sur une gestion fine de la reproduction et du calendrier de pâturage. Les chèvres, dotées d'un tempérament curieux, sont particulièrement efficaces pour le débroussaillage, tandis que les moutons assurent un entretien régulier des prairies par un pâturage ras. Ces systèmes contribuent activement à la prévention des incendies et au maintien de la biodiversité en milieu rural. Aujourd'hui, les éleveurs font face à des enjeux de protection contre la prédation et de modernisation des infrastructures de traite, tout en répondant à une demande croissante pour des produits authentiques issus de circuits courts et de modes de production durables.
L'aviculture désigne l'ensemble des activités d'élevage d'oiseaux domestiques, principalement les poules, mais aussi les dindes, les canards, les oies et les pintades. Cette filière se décompose en deux segments majeurs : la production d'œufs (poules pondeuses) et la production de viande (poulets de chair). L'aviculture est l'une des branches les plus dynamiques de l'élevage mondial grâce à un cycle de production court, une excellente efficacité alimentaire et une viande qui ne fait l'objet d'aucun interdit religieux majeur. Elle peut être pratiquée de façon familiale (basse-cour) pour l'autosuffisance ou de manière industrielle avec des bâtiments hautement automatisés garantissant la sécurité sanitaire.

Sur le plan technique, la réussite d'un élevage avicole repose sur une maîtrise rigoureuse de l'environnement (température, ventilation, lumière) et de l'alimentation, qui doit être équilibrée pour répondre aux besoins de croissance rapide ou de ponte régulière. La biosécurité est un enjeu vital dans ce secteur pour prévenir la propagation de maladies virales comme la grippe aviaire. Aujourd'hui, la filière évolue vers des modèles plus diversifiés, avec un fort développement des élevages de plein air et sous label (biologique, Label Rouge), répondant aux attentes sociétales croissantes en matière de bien-être animal et de qualité gustative des produits.
L'élevage de porcs, ou porciculture, est une branche majeure de la production animale destinée quasi exclusivement à la consommation de viande et à la charcuterie. Le porc est un animal monogastrique omnivore doté d'une croissance extrêmement rapide et d'une grande prolificité, une truie pouvant donner naissance à plus de vingt porcelets par an. La production s'organise généralement en trois étapes : le naissage (reproduction et naissance), le post-sevrage, puis l'engraissement jusqu'au poids d'abattage. Ce secteur est réputé pour son efficacité économique, car le porc transforme très efficacement les céréales et les protéines végétales en viande.

Sur le plan technique, l'élevage porcin exige une gestion rigoureuse de l'hygiène et du confort thermique, les porcs étant sensibles aux variations de température. Si le modèle de production en bâtiment sur caillebotis reste prédominant pour des raisons de productivité et de biosécurité, on observe un développement croissant de systèmes alternatifs comme l'élevage sur litière de paille ou le plein air. Ces méthodes visent à répondre aux nouvelles exigences des consommateurs concernant le bien-être animal et la qualité de la viande. Enfin, la gestion des déjections (lisier) représente un enjeu environnemental clé, car elles constituent un engrais organique précieux pour les cultures lorsqu'elles sont correctement valorisées.
Les produits dérivés de l’élevage désignent les substances et matériaux collectés en complément de la production principale (viande, lait, œufs) ou issus de leur transformation. Ils se divisent en deux catégories : les produits comestibles transformés, comme les produits laitiers (fromage, beurre, yaourt) et la charcuterie, et les co-produits non alimentaires tels que le cuir, la laine, les plumes ou la gélatine. Ces dérivés permettent de valoriser l'intégralité de l'animal, limitant ainsi le gaspillage et augmentant la rentabilité économique des filières agricoles.

Sur le plan industriel et agronomique, certains dérivés jouent un rôle écologique et technique fondamental. Le fumier et le lisier, sous-produits naturels de l'élevage, servent d'engrais organiques indispensables pour fertiliser les sols et boucler le cycle des nutriments dans les exploitations. Dans les secteurs de la mode, de la pharmacie ou de la cosmétique, des dérivés comme la lanoline (graisse de laine) ou le collagène sont des ingrédients de base très recherchés. Aujourd'hui, l'enjeu majeur réside dans la traçabilité et la valorisation de ces produits au sein d'une économie circulaire, visant à transformer chaque résidu en une ressource utile pour d'autres secteurs industriels.